L’acquisition d’un bien immobilier représente souvent le projet financier le plus important d’une vie. Avant de vous lancer dans la recherche de votre future maison ou appartement, il est indispensable de déterminer avec précision votre capacité d’achat. Cette évaluation ne se limite pas à une simple estimation du montant que vous pouvez emprunter : elle englobe l’ensemble des paramètres financiers qui conditionnent votre projet immobilier. Comprendre les mécanismes qui régissent le calcul de cette capacité vous permettra d’optimiser votre dossier et d’aborder votre recherche avec réalisme et efficacité. Les règles actuelles du marché du crédit immobilier, notamment depuis les recommandations du HCSF, imposent un cadre strict que les emprunteurs doivent parfaitement maîtriser pour maximiser leurs chances d’obtenir le financement souhaité.
Les revenus nets mensuels pris en compte par les banques françaises
La première étape pour calculer votre capacité d’achat immobilier consiste à identifier précisément les revenus que les établissements bancaires acceptent d’intégrer dans leurs calculs. Cette analyse détaillée de vos ressources financières constitue le socle sur lequel repose l’ensemble de votre projet de financement. Les banques françaises adoptent une approche rigoureuse, cherchant à évaluer la stabilité et la pérennité de vos revenus sur le long terme. Cette démarche vise à garantir votre capacité à honorer vos mensualités pendant toute la durée du prêt, qui peut s’étendre jusqu’à 25 ans.
Salaires nets imposables et revenus fonciers déclarés
Vos salaires nets constituent naturellement la base principale du calcul de votre capacité d’emprunt. Les établissements bancaires se réfèrent au montant net imposable qui apparaît sur vos bulletins de paie, en excluant les charges sociales et les cotisations diverses. Pour les salariés en CDI, la totalité du salaire net est généralement prise en compte sans décote particulière, ce qui représente un avantage considérable lors de l’étude de votre dossier. Les revenus fonciers, quant à eux, font l’objet d’un traitement spécifique : les banques appliquent systématiquement une décote d’environ 70% sur les loyers perçus. Cette pondération vise à anticiper les risques d’impayés, de vacance locative ou de travaux imprévus qui pourraient réduire vos rentrées d’argent.
Les établissements prêteurs exigent la présentation de vos trois derniers bulletins de salaire ainsi que vos deux derniers avis d’imposition pour vérifier la cohérence et la régularité de vos revenus. Cette documentation permet également d’identifier d’éventuelles variations importantes qui pourraient affecter votre capacité de remboursement. Pour les couples empruntant à deux, les revenus des deux conjoints sont cumulés, ce qui augmente mécaniquement la capacité d’achat globale du ménage.
Traitements des revenus non-salariés : BNC, BIC et revenus agricoles
Les professions libérales, commerçants, artisans et agriculteurs font face à des règles d’évaluation plus strictes de leurs revenus. Les banques exigent généralement les trois derniers bilans comptables pour calculer une moyenne des bénéfices réalisés. Cette approche permet de lisser les variations d’activité et d’obtenir une vision plus représentative de la situation financière réelle. Pour les BNC (Bénéfices Non Commerciaux) et les BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux), les établiss
ices pris en compte correspondent généralement au résultat net avant impôt, retraité des éléments exceptionnels. Les banques peuvent également exiger un relevé de compte professionnel pour apprécier la régularité des encaissements et la maîtrise des charges. Dans tous les cas, elles privilégient la prudence : en présence d’une forte volatilité des revenus, elles retiendront souvent l’année la plus faible ou appliqueront une décote afin de ne pas surestimer votre capacité d’achat immobilier.
Pour les revenus agricoles, l’analyse tient compte des spécificités du secteur : aléas climatiques, subventions, cycles de production. Les établissements prêteurs examinent les comptes d’exploitation sur plusieurs exercices et peuvent demander des justificatifs complémentaires (contrats, baux ruraux, aides PAC) pour sécuriser leur analyse. Si vous débutez votre activité non salariée, sachez qu’il est très difficile d’obtenir un crédit immobilier sans au moins deux à trois années d’historique comptable solide.
Primes variables, 13ème mois et avantages en nature dans le calcul
Les primes et éléments variables de rémunération jouent un rôle important dans le calcul de votre capacité d’emprunt, mais ils ne sont pas tous traités de la même manière. Les primes contractuelles, comme le 13e mois prévu par la convention collective ou le contrat de travail, sont généralement intégrées à 100 % dans vos revenus de référence. Les banques les annualisent puis les répartissent sur 12 mois pour obtenir un revenu mensuel moyen plus représentatif.
En revanche, les primes exceptionnelles (bonus, intéressement, participation) ou liées à la performance font souvent l’objet d’une analyse plus fine. Pour éviter de baser votre capacité d’achat sur des revenus trop aléatoires, les banques calculent une moyenne sur les trois dernières années, voire appliquent une décote de 20 à 30 %. Si vos primes représentent une part significative de votre rémunération, il est donc essentiel de présenter un historique stable pour que la banque accepte de les intégrer pleinement au calcul.
Les avantages en nature (véhicule de fonction, logement de fonction, téléphone, etc.) sont quant à eux rarement comptabilisés comme des revenus supplémentaires, mais ils peuvent améliorer indirectement votre capacité d’achat immobilier. Pourquoi ? Parce qu’en prenant en charge certaines dépenses du quotidien, ils réduisent votre niveau de charges personnelles et améliorent ainsi votre reste à vivre. Certaines banques peuvent également considérer la mise à disposition d’un logement de fonction comme un élément rassurant, notamment pour les profils de cadres en mobilité.
Pensions alimentaires, allocations et revenus complémentaires éligibles
Les pensions alimentaires perçues peuvent être intégrées dans vos revenus sous certaines conditions. Les banques exigent généralement un jugement de divorce ou une convention homologuée précisant le montant de la pension, ainsi que des preuves de versements réguliers (relevés bancaires). Si ces conditions sont réunies, la pension est le plus souvent prise en compte à 100 % dans le calcul de votre capacité d’emprunt, même si certains établissements appliquent une légère décote par prudence.
Les allocations familiales, allocations logement (APL) ou certaines prestations sociales peuvent également être considérées, mais leur prise en compte reste à la discrétion de chaque banque. Elles sont parfois intégrées partiellement, voire exclues si leur pérennité n’est pas garantie sur la durée du crédit. De même, les revenus complémentaires (rentes viagères, pensions de retraite, revenus de placements financiers réguliers) peuvent venir renforcer votre dossier, à condition d’être justifiés par des documents officiels (attestations, relevés de comptes, avis d’imposition).
À l’inverse, les pensions alimentaires versées constituent une charge récurrente qui vient diminuer votre capacité d’achat. Elles sont intégrées au numérateur du calcul du taux d’endettement au même titre qu’une mensualité de crédit. Là encore, le jugement ou la convention fait foi. Avant de déposer votre dossier, il est donc indispensable de recenser l’ensemble de ces flux financiers entrants et sortants pour obtenir une vision exacte de votre capacité d’emprunt réelle.
Le taux d’endettement maximal de 35% imposé par le HCSF
Depuis les dernières recommandations du Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF), les banques françaises doivent respecter un cadre strict en matière de taux d’endettement. Ce plafond, fixé à 35 % assurance emprunteur incluse, est devenu la référence pour l’ensemble des crédits immobiliers accordés aux particuliers. Concrètement, cela signifie que la totalité de vos mensualités de remboursement (crédit immobilier, crédits à la consommation, prêts personnels, etc.) ne doit pas dépasser 35 % de vos revenus nets mensuels.
Ce taux d’endettement maximal est conçu pour protéger à la fois les emprunteurs et le système bancaire. Il vise à éviter les situations de surendettement en préservant un reste à vivre suffisant pour faire face aux dépenses courantes. Toutefois, les banques disposent d’une marge de flexibilité : elles peuvent déroger à ces règles pour une partie limitée de leurs dossiers, notamment pour les meilleurs profils ou les projets jugés particulièrement solides. Nous allons voir plus en détail comment ce taux est calculé et quelles charges sont prises en compte.
Charges récurrentes déduites : crédits immobiliers, crédit à la consommation et pensions
Le taux d’endettement se calcule en rapportant le total de vos charges de remboursement à vos revenus nets mensuels. Les charges prises en compte sont essentiellement les mensualités des crédits en cours : prêts immobiliers, crédits à la consommation, crédits auto, prêts travaux, crédits renouvelables ou encore locations avec option d’achat (LOA). Si un crédit arrive à échéance dans moins de 6 à 12 mois, certaines banques acceptent de ne pas le retenir, surtout si vous pouvez en justifier le solde et l’échéancier.
Les pensions alimentaires versées à un ex-conjoint ou pour l’entretien des enfants sont également intégrées dans les charges, car il s’agit d’engagements financiers fermes et réguliers. En revanche, la plupart des dépenses courantes (factures d’énergie, abonnements, frais de garde, impôts sur le revenu) ne sont pas directement incluses dans le calcul du taux d’endettement. Elles sont appréciées dans un second temps via l’analyse du reste à vivre, qui permet de vérifier que votre budget restera équilibré après la mise en place du nouveau crédit immobilier.
Dans le cas d’un emprunteur locataire qui souhaite acheter sa résidence principale, le loyer actuel est pris en compte comme une charge tant que le crédit n’est pas mis en place, mais il est généralement supprimé dans la projection à long terme, car la nouvelle mensualité de prêt remplacera ce loyer. À l’inverse, si vous achetez un bien tout en conservant votre logement actuel (par exemple pour en faire un investissement locatif), vous vous retrouverez avec un cumul de charges plus important que la banque intégrera dans son calcul, moyennant une éventuelle pondération des loyers futurs.
Calcul du reste à vivre selon la composition du foyer
Au-delà du taux d’endettement de 35 %, les banques accordent une importance croissante au reste à vivre, c’est-à-dire à la somme qui vous reste chaque mois une fois toutes vos mensualités payées. Ce reste à vivre doit être suffisant pour couvrir les dépenses de la vie quotidienne : alimentation, transport, éducation des enfants, santé, loisirs, impôts, etc. Même si aucun texte ne fixe de seuil uniforme, la plupart des établissements se réfèrent à des minima internes pour valider un dossier de prêt immobilier.
À titre indicatif, on considère qu’une personne seule doit disposer d’au moins 800 à 1 000 € de reste à vivre mensuel. Pour un couple sans enfant, ce seuil se situe plutôt entre 1 200 et 1 500 €, soit environ 600 à 750 € par personne. Il faut ensuite ajouter en moyenne 200 à 400 € par enfant à charge. Ainsi, une famille avec deux enfants devra justifier d’un reste à vivre sensiblement plus élevé qu’un couple sans enfant ayant les mêmes revenus, ce qui impactera directement sa capacité d’achat immobilier.
Chaque banque adapte toutefois ces seuils à sa propre politique de risque et au coût de la vie local. Le niveau de reste à vivre exigé pour un couple vivant à Paris ne sera pas le même que pour un couple installé dans une ville moyenne de province. C’est pourquoi deux établissements peuvent parfois rendre des décisions différentes pour un même dossier : l’un jugera le reste à vivre suffisant, l’autre non. D’où l’intérêt de comparer plusieurs offres ou de vous faire accompagner par un courtier, qui saura orienter votre demande vers la banque la plus adaptée à votre profil.
Exceptions au plafond d’endettement pour profils primo-accédants
Le HCSF autorise les banques à déroger au taux d’endettement maximal de 35 % pour une fraction limitée de leurs dossiers (environ 20 %), en ciblant prioritairement les primo-accédants et les acquisitions de résidence principale. Concrètement, cela signifie qu’un ménage présentant un projet solide, une gestion de compte irréprochable et un reste à vivre confortable peut se voir accorder un crédit avec un taux d’endettement légèrement supérieur, par exemple 36 ou 37 %.
Ces dérogations sont toutefois réservées aux profils jugés « premium » par les établissements : revenus stables et évolutifs, situation professionnelle sécurisée (CDI, fonction publique, professions libérales bien établies), apport personnel significatif et épargne résiduelle après l’opération. Si vous entrez dans cette catégorie, votre capacité d’achat immobilier peut donc être sensiblement plus élevée que celle d’un profil standard respectant strictement la limite de 35 %.
Pour les primo-accédants aux revenus plus modestes, la marge de manœuvre reste plus limitée, mais elle peut être compensée par l’accès à des prêts aidés (PTZ, PAS, prêt conventionné) qui réduisent le coût global du financement. Dans tous les cas, l’octroi d’une dérogation n’est jamais automatique : il résulte d’une analyse fine de votre situation globale et de la politique commerciale de la banque au moment de votre demande. D’où l’importance de présenter un dossier parfaitement préparé et argumenté.
La durée maximale d’emprunt de 25 ans et son impact sur la capacité
La durée de votre crédit immobilier est un levier majeur de votre capacité d’achat. En France, la durée maximale d’emprunt est généralement de 25 ans pour un prêt amortissable classique, avec des exceptions ponctuelles à 27 ans lorsque le projet inclut une phase de différé (par exemple pour un achat en VEFA ou une construction). Plus vous allongez la durée de remboursement, plus vos mensualités diminuent, ce qui vous permet d’emprunter un capital plus important à taux d’endettement constant.
Imaginons que votre capacité de remboursement maximale soit de 1 000 € par mois. Sur 15 ans, cette mensualité vous permettra d’emprunter un montant bien inférieur qu’en optant pour une durée de 25 ans, à taux d’intérêt identique. C’est un peu comme étaler le paiement d’une même somme sur un nombre de parts plus important : chaque « tranche » mensuelle est plus légère, ce qui augmente mécaniquement le capital finançable. Cette logique explique pourquoi beaucoup de ménages jeunes choisissent d’allonger la durée de leur prêt immobilier pour accéder à un bien plus grand ou mieux situé.
Attention toutefois au revers de la médaille : une durée plus longue signifie un coût total du crédit plus élevé, car vous payez des intérêts pendant davantage d’années. Entre un prêt sur 20 ans et un prêt sur 25 ans, l’écart de coût peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros selon le montant emprunté et le taux appliqué. Il est donc essentiel de trouver le bon équilibre entre capacité d’achat et coût global, en tenant compte de vos perspectives d’évolution de revenus et de votre projet de vie à moyen terme.
Les banques veillent également à ce que la durée de l’emprunt reste cohérente avec votre âge. Il est par exemple plus compliqué d’obtenir un prêt sur 25 ans si vous avez déjà plus de 50 ans, car cela reporterait la dernière mensualité bien au-delà de l’âge légal de la retraite. Dans ce cas, l’établissement peut vous proposer une durée plus courte ou exiger un apport personnel plus important pour limiter le risque de défaut lié à une baisse de revenus au moment de la retraite. Là encore, chaque situation fait l’objet d’une analyse personnalisée.
Simulation du montant empruntable selon le taux d’intérêt appliqué
Le taux d’intérêt de votre crédit immobilier constitue l’autre grand déterminant de votre capacité d’achat. À mensualité et durée identiques, un taux plus faible permet d’emprunter un capital plus élevé, car une part moindre de chaque mensualité est consacrée au paiement des intérêts. À l’inverse, lorsque les taux remontent, la part d’intérêts augmente et le capital empruntable diminue, ce qui réduit mécaniquement votre budget immobilier.
C’est pourquoi il est indispensable de réaliser plusieurs simulations de capacité d’emprunt en faisant varier le taux d’intérêt et la durée du prêt. Ces calculs vous permettront de visualiser l’impact concret de quelques dixièmes de point sur votre capacité d’achat immobilier. Par exemple, passer d’un taux de 3,5 % à 4 % sur 25 ans peut réduire votre montant empruntable de plusieurs dizaines de milliers d’euros pour une même mensualité maximale. À l’échelle d’un projet, cette différence peut faire basculer une maison ou un appartement dans la catégorie des biens accessibles… ou non.
Taux fixes actuels des banques : crédit agricole, BNP paribas et société générale
Les principaux réseaux bancaires français, comme le Crédit Agricole, BNP Paribas ou la Société Générale, proposent majoritairement des prêts à taux fixe pour les particuliers. Ces taux varient en fonction de la durée choisie, de la qualité de votre dossier et de la politique commerciale de chaque établissement. En 2024, les taux fixes constatés pour un prêt immobilier sur 20 à 25 ans se situent le plus souvent dans une fourchette de 3,5 % à 4,5 %, avec des conditions plus avantageuses pour les meilleurs profils (apport important, revenus élevés, faible endettement).
Chaque banque dispose de ses propres grilles tarifaires et ajuste régulièrement ses taux en fonction des conditions de marché (coût de refinancement, politique monétaire de la BCE, concurrence). Il est donc hasardeux de se fier à un seul simulateur ou à un taux affiché sur un site institutionnel sans mise en perspective. Pour affiner votre capacité d’achat immobilier, l’idéal est de comparer plusieurs offres personnalisées ou de passer par un courtier qui interrogera simultanément plusieurs établissements, y compris des banques en ligne.
Sachez également que certaines banques proposent des bonifications de taux dans le cadre d’offres packagées (domiciliation des revenus, souscription de produits d’épargne ou d’assurance). Ces remises, souvent comprises entre 0,10 et 0,30 point, peuvent améliorer sensiblement votre capacité d’emprunt. Toutefois, elles doivent être mises en balance avec les éventuels frais liés à ces produits annexes pour vérifier l’intérêt réel de l’opération.
Impact du taux d’assurance emprunteur sur la capacité totale
On l’oublie souvent, mais l’assurance emprunteur représente une part significative du coût total d’un crédit immobilier, parfois entre 15 et 30 %. Son taux, exprimé en pourcentage du capital emprunté ou du capital restant dû, vient s’ajouter au taux nominal du prêt pour former le TAEG (Taux Annuel Effectif Global). Or, c’est ce TAEG qui est utilisé dans le calcul de votre taux d’endettement, car il reflète le coût réel de votre crédit, assurance comprise.
Concrètement, si vous obtenez un excellent taux de crédit immobilier mais acceptez une assurance groupe onéreuse, votre mensualité globale (crédit + assurance) sera plus élevée, ce qui réduira votre capacité d’achat. À l’inverse, une délégation d’assurance bien négociée, avec un taux plus faible et des garanties équivalentes, peut diminuer de plusieurs dizaines d’euros votre mensualité et vous permettre d’emprunter davantage à taux d’endettement constant. C’est un levier d’optimisation souvent sous-estimé, alors qu’il est parfaitement légal et encadré par la loi.
Depuis les lois Lagarde, Hamon et plus récemment la loi Lemoine, vous êtes libre de choisir votre assurance emprunteur en dehors de la banque prêteuse, à condition de respecter l’équivalence des garanties. Vous pouvez également changer d’assurance en cours de prêt pour réduire vos cotisations, ce qui améliore votre budget mensuel et, dans certains cas, votre capacité à financer un nouveau projet immobilier (résidence secondaire, investissement locatif). Ne négligez donc pas ce paramètre au moment de simuler votre capacité d’achat.
Tableaux d’amortissement et mensualités TAEG inclus
Pour comprendre précisément comment se compose votre mensualité et comment évolue votre capital restant dû, le tableau d’amortissement est un outil indispensable. Il détaille, mois par mois, la répartition entre intérêts et remboursement du capital, ainsi que le montant de l’assurance emprunteur. En début de prêt, la part d’intérêts est majoritaire, puis elle diminue progressivement au profit de l’amortissement du capital. Cette mécanique explique pourquoi un rachat ou une renégociation de crédit est particulièrement intéressante durant les premières années.
Lorsque vous réalisez une simulation de capacité d’emprunt, veillez à ce que les mensualités affichées soient TAEG inclus, c’est-à-dire qu’elles intègrent à la fois les intérêts, l’assurance, les éventuels frais de garantie et de dossier. Certaines calculettes se contentent d’afficher une mensualité « hors assurance », ce qui donne une vision biaisée de votre future charge financière. En réalité, ce sont bien les mensualités globales qui seront prises en compte par la banque pour vérifier le respect du plafond de 35 % d’endettement.
Analyser un tableau d’amortissement vous permet également d’anticiper le coût total de votre crédit immobilier et de mesurer l’impact d’un changement de durée ou de taux sur ce coût. C’est un peu comme regarder la carte avant de partir en voyage : vous visualisez les différentes étapes, les paliers de remboursement et les économies potentielles en cas de remboursement anticipé partiel. Cette approche vous aide à prendre des décisions éclairées pour optimiser votre capacité d’achat sans mettre en péril votre équilibre financier.
Optimisation de la capacité d’achat par rachat de crédits et apport personnel
Vous trouvez que votre capacité d’achat immobilier est trop limitée pour le type de bien que vous visez ? Plusieurs leviers existent pour l’améliorer, sans nécessairement augmenter vos revenus. Les deux principaux sont la réduction de vos charges via un rachat de crédits et le renforcement de votre apport personnel. Utilisés intelligemment, ils peuvent faire passer votre projet du statut de rêve à celui de réalité.
Le rachat ou regroupement de crédits consiste à faire racheter vos prêts en cours (crédits à la consommation, crédit auto, ancien prêt immobilier) par un nouvel établissement qui vous proposera une mensualité unique, souvent plus faible, en contrepartie d’un allongement de la durée globale de remboursement. Résultat : votre taux d’endettement diminue, ce qui libère une marge de manœuvre pour financer un nouveau projet immobilier. Cette solution est particulièrement pertinente si vos anciens crédits ont été souscrits à des taux élevés ou sur des durées courtes.
L’apport personnel, quant à lui, joue un rôle clé dans l’analyse du risque par la banque. Plus votre apport est important (idéalement au moins 10 à 20 % du prix du bien), plus vous rassurez le prêteur sur votre capacité à épargner et à vous engager dans la durée. Un apport conséquent permet souvent d’obtenir un meilleur taux d’intérêt, de réduire le montant des garanties (hypothèque, caution) et donc de diminuer le coût global du projet. Indirectement, cela augmente votre capacité d’achat immobilier, soit en permettant d’emprunter davantage à mensualité identique, soit en réduisant votre mensualité pour un même montant emprunté.
Astuce : avant de vous lancer, faites le point sur l’ensemble de vos placements (livrets, PEL, assurance-vie, épargne salariale) et sur la possibilité de recevoir un coup de pouce familial (donation, avance sur héritage). Sans mettre en péril votre épargne de précaution, vous pouvez transformer une partie de ces capitaux en apport personnel et ainsi renforcer sensiblement votre dossier.
Enfin, n’oubliez pas que l’optimisation de votre assurance emprunteur fait aussi partie des leviers d’amélioration de votre capacité d’emprunt. En combinant renégociation des crédits existants, constitution ou mobilisation d’apport et recherche d’une assurance compétitive, vous pouvez parfois gagner plusieurs dizaines de milliers d’euros de capacité d’achat, sans augmenter vos revenus. L’accompagnement d’un courtier ou d’un conseiller spécialisé peut alors faire toute la différence.
Outils et simulateurs en ligne : pretto, meilleurtaux et calculateurs bancaires
Pour estimer rapidement et gratuitement votre capacité d’achat immobilier, vous disposez aujourd’hui d’une multitude de simulateurs en ligne. Les plateformes de courtage comme Pretto, Meilleurtaux ou encore les comparateurs spécialisés mettent à disposition des calculettes permettant de tester différents scénarios : variation des revenus, des charges, de la durée, du taux d’intérêt ou encore de l’apport personnel. Ces outils constituent une excellente première approche pour vous faire une idée du budget accessible avant même de prendre rendez-vous avec votre banque.
Les simulateurs proposés directement par les banques, qu’il s’agisse des grands réseaux traditionnels ou des banques en ligne, s’appuient généralement sur leurs propres barèmes de taux et leurs critères internes. Ils peuvent donc vous donner une estimation plus proche de la réalité de ce que l’établissement est prêt à vous prêter. En croisant plusieurs simulations (chez un courtier et chez plusieurs banques), vous affinez votre fourchette de capacité d’achat immobilier et identifiez les marges de négociation possibles.
Pour tirer le meilleur parti de ces outils, prenez le temps de renseigner vos données le plus précisément possible : revenus stables, primes, charges récurrentes, crédits en cours, montant de l’apport, etc. N’hésitez pas à jouer avec les curseurs de durée et de taux d’intérêt pour visualiser l’impact direct sur votre mensualité et sur le montant maximal empruntable. C’est un excellent moyen de comprendre les mécanismes du crédit immobilier et de préparer vos futurs échanges avec les conseillers bancaires.
Gardez cependant en tête que ces simulateurs fournissent des résultats indicatifs, basés sur des hypothèses standardisées. Ils ne remplacent pas une étude personnalisée de votre dossier, qui seule permettra de valider définitivement votre capacité d’emprunt et les conditions précises de votre crédit. Une fois vos premières simulations réalisées, le mieux est de solliciter un rendez-vous avec un conseiller bancaire ou un courtier, qui affinera ces estimations en tenant compte de tous les paramètres spécifiques à votre situation (historique bancaire, stabilité professionnelle, projets à moyen terme, etc.). C’est cette combinaison entre outils en ligne et accompagnement humain qui vous permettra de sécuriser au mieux votre projet immobilier.





